ALFRED COUGNON

Alfred-Cougnon

4 juin 1900-17 avril 1942



Né à Beaurepaire (Vendée), marié, un enfant, domicilié 23 rue Montmartre à Saint-Ouen.

Mécanicien. A la tête d’une petite entreprise de taxis (15 ouvriers) dans les années 30, la crise économique le contraint à abandonner et à se salarier : il dirige alors le garage de l’Alhambra, 23 rue Charles-Schmidt à Saint-Ouen.

Membre du parti communiste depuis 1935 au moins, il fait partie de l’organisation clandestine dès le début de l’Occupation avec, entre autres, Roger Linet
[1] , Léon Landsoght, Jean Baillet [2] et Alfred Ottino [3] . Il participe à la manifestation du 11 novembre 1940 au Marché aux Puces. Il imprime L’Humanité clandestine dans la cave de son garage. Il aménage un dépôt d’explosifs rue Paul-Bert à Saint-Ouen.

Il sera arrêté le 17 février 1942, en même temps que sa femme et sa fille.
[1] Roger Linet, alias " Rivière ". Né le 7 mars 1914 dans l’Indre. Prisonnier évadé, il organise avec Jean Baillet et Alfred Ottino des sabotages sur les voies ferrées, notamment dans la banlieue nord de Paris. Le 20 juillet 1941 au dépôt de La Plaine-Saint-Denis, une locomotive Haut-le-pied est amenée sur la plaque tournante de telle façon qu’elle ne soit pas dans l’axe des rails. Le tender et la locomotive sont projetés dans la fosse, obstruant les voies pendant plus d’une journée. Il remplacera à la direction parisienne des FTPF Raymond Losserand et Gaston Carré qui avaient eux-mêmes succédé à Marchandise et Kermen. Il sera arrêté et déporté au camp au camp de Natzweiler-Struthof (" Nuit et Brouillard "). A son retour des camps il aura d’importantes responsabilités syndicales.


[2]Jean Baillet (né en 1908). Ancien secrétaire de la Fédération Seine Ouest du parti communiste. Grâce aux nombreux contacts qu’il a noués dans les entreprises de la banlieue nord, J. Baillet parvient à sortir par les ouvriers de la poudrerie de Sevran des lamelles de phosphore qui, lâchées du haut des ponts de chemin de fer sur les trains de matériel ou de fourrage, feront flamber les wagons en partance pour l’Allemagne. De la même façon, il récupère à Clichy-sous-Bois 200 kilos de dynamite. Il sera l’auteur d’un des premiers sabotages : le 16 juillet 1941, un train de matériel de guerre va s’écraser, dans un fracas épouvantable, sur le remblai. Avec d’autres militants, il prend la parole à Saint-Denis et Aulnay-sous-Bois.
Le 20 août 1941, il est arrêté par la police vichyste lors d’une prise de parole et livré immédiatement aux Allemands. Il sera fusillé le 26 août 1941.

[3] Alfred Ottino, ancien brigadiste, domicilié à Saint-Ouen, prit part aux premières actions organisées par Jean Baillet et Roger Linet. Il sera fusillé le 26 août 1941, avec Baillet ainsi que trois jeunes patriotes : Jean Rapinat, domicilié aux Pavillons-sous-Bois, André Sigonnet et Raymond Justice, tous deux originaires de Drancy. Leur crime : avoir participé aux manifestations du 13 août contre l’occupation allemande.